Rentrée et moral en berne : 5 erreurs à éviter.
La rentrée a parfois un goût un peu particulier. Après quelques semaines de vacances, de journées plus libres et d’un rythme différent, il faut soudain retrouver les horaires, les obligations, les rendez-vous et les habitudes du quotidien. Pour certaines personnes, cette transition peut s’accompagner de fatigue, de stress ou d’un petit coup de blues. Et si l’alimentation ne suffit évidemment pas à régler une baisse de moral, certaines habitudes alimentaires prises lorsque l’on manque de temps ou d’énergie peuvent accentuer la fatigue et donner l’impression de fonctionner « au ralenti ».
Alors, plutôt que de chercher à manger parfaitement, pourquoi ne pas profiter de cette rentrée pour remettre un peu de régularité et de douceur dans son assiette ?
Pourquoi le moral peut-il être plus fragile à la rentrée ?
La rentrée représente une période de transition. Après le relâchement des vacances, le retour à un rythme plus cadré peut demander un temps d’adaptation.
Le sommeil peut également être perturbé : horaires décalés pendant l’été, réveils plus matinaux, journées chargées… Or, lorsque les nuits sont moins réparatrices, la fatigue peut se faire sentir davantage et rendre plus difficile la gestion du stress et des émotions.
À cela s’ajoutent parfois la reprise du travail, les contraintes familiales, les rendez-vous, les tâches administratives ou simplement la sensation de ne plus avoir autant de temps pour soi.
Chez les seniors également, la rentrée peut modifier les habitudes : reprise des activités, changements de rythme, retour d’une routine plus structurée ou, au contraire, sentiment de solitude après une période estivale plus animée.
Dans ce contexte, l’alimentation peut devenir plus irrégulière. Et certaines habitudes peuvent contribuer à accentuer fatigue et baisse de moral.
Sauter des repas parce qu’on manque de temps.
« Je n’ai pas eu le temps de déjeuner », « Je mangerai mieux ce soir »… Avec la reprise, les repas peuvent facilement passer au second plan.
Pourtant, rester de longues heures sans manger peut favoriser les coups de fatigue, une baisse de moral et rendre plus difficile la concentration. Cela peut également conduire à avoir très faim quelques heures plus tard et à manger rapidement ou davantage que prévu.
Le bon réflexe : essayer de conserver trois temps de repas relativement réguliers, sans rechercher une organisation parfaite.
Si un déjeuner complet n’est pas possible, mieux vaut prévoir une solution simple : un sandwich équilibré, une salade composée, un plat préparé avec des légumes et une source de protéines, accompagné d’un fruit ou d’un produit laitier selon les besoins.
Pour les personnes âgées qui ont moins d’appétit, la régularité est particulièrement intéressante : de petits repas suffisamment nourrissants peuvent être plus faciles à intégrer qu’un seul repas très copieux.
Miser principalement sur les produits très sucrés pour retrouver de l’énergie.
Lorsque la fatigue s’installe, il peut être tentant de se tourner vers les biscuits, confiseries, pâtisseries ou boissons sucrées pour obtenir rapidement un petit regain d’énergie. Ces aliments peuvent parfaitement avoir leur place dans une alimentation équilibrée. Le problème apparaît surtout lorsqu’ils deviennent la principale réponse à la fatigue moral.
Une collation très sucrée peut apporter rapidement des glucides, mais elle ne remplace pas un repas équilibré et rassasiant.
Une alternative simple : associer les aliments plutôt que de chercher à supprimer le sucre. Par exemple, un fruit avec quelques noix, un yaourt avec un fruit, ou une tartine de pain avec un peu de fromage peuvent constituer une collation plus complète.
L’objectif n’est pas de bannir les petits plaisirs, mais de ne pas leur demander de compenser à eux seuls le manque de sommeil ou la fatigue.
Négliger les fruits et légumes lorsque le rythme s’accélère.
À la rentrée, les légumes peuvent parfois disparaître des assiettes au profit de repas plus rapides et faciles à préparer. Pourtant, fruits et légumes participent à une alimentation diversifiée et apportent notamment des vitamines, des minéraux et des fibres. Ils contribuent ainsi à la qualité globale de l’alimentation.
Le conseil : inutile de cuisiner compliqué. Une soupe, des légumes surgelés, une salade composée, une compote sans sucres ajoutés ou un fruit facile à emporter peuvent déjà aider à retrouver de bonnes habitudes.
Chez les seniors, varier les formes et les textures peut également permettre de conserver le plaisir de manger lorsque l’appétit diminue.
Oublier de boire suffisamment.
La rentrée peut aussi faire oublier un geste pourtant essentiel : boire régulièrement. Une hydratation insuffisante peut contribuer à la fatigue et aux maux de tête, et peut être particulièrement problématique chez les personnes âgées, chez qui la sensation de soif peut être moins marquée.
Le bon réflexe : ne pas attendre d’avoir soif pour boire. Garder une bouteille ou une carafe à portée de main peut aider à répartir les boissons tout au long de la journée.
L’eau reste la boisson de référence, mais les soupes, le lait ou les boissons chaudes peuvent également contribuer aux apports hydriques.
Manger trop peu parce qu’on « fait attention » après les vacances.
Après l’été, certaines personnes souhaitent immédiatement « reprendre de bonnes habitudes » et peuvent être tentées de réduire fortement les quantités ou de supprimer certains aliments. Or, une alimentation trop restrictive peut être difficile à tenir et ne constitue pas forcément la meilleure façon de retrouver son énergie.
À la rentrée, privilégiez plutôt l’équilibre à la restriction. Une assiette composée d’une source de protéines, de légumes, d’un féculent et d’une matière grasse en quantité adaptée permet de construire un repas rassasiant et varié.
Il n’est pas nécessaire de « compenser » les repas plus festifs de l’été. Le corps n’a pas besoin d’une punition alimentaire : il a surtout besoin de retrouver progressivement un rythme régulier.
Et si la rentrée était aussi l’occasion de retrouver un peu de paix intérieure ?
Le 21 septembre, la Journée internationale de la paix invite à réfléchir à la paix et à ce qui peut contribuer à un monde plus apaisé.
À une échelle beaucoup plus personnelle, cette date peut aussi être l’occasion de s’interroger sur notre propre équilibre : accordons-nous suffisamment de temps au repos ? Prenons-nous le temps de manger tranquillement ? Notre quotidien laisse-t-il encore une place au plaisir et à la convivialité ?
La nutrition s’inscrit dans cette démarche de bien-être, mais elle n’est qu’une pièce du puzzle. Prendre soin de soi peut aussi passer par un sommeil suffisamment réparateur, une activité physique adaptée, des moments avec ses proches, une promenade ou simplement quelques minutes sans obligation.
Et parfois, retrouver un peu de sérénité commence par quelque chose d’aussi simple que prendre le temps de s’asseoir pour déjeuner.
À la rentrée, pas besoin de tout changer !
Un moral en baisse à la rentrée peut arriver. Il n’est ni une faiblesse ni la preuve que l’on « fait mal les choses ».
L’alimentation peut accompagner cette période en apportant régularité, variété et plaisir, mais elle ne peut pas à elle seule résoudre une souffrance psychologique ou un trouble de l’humeur. Si une tristesse importante ou persistante s’installe, il est important d’en parler à un professionnel de santé.
Pour le reste, inutile de vouloir révolutionner son alimentation dès le 1er septembre. Commencer par boire un peu plus régulièrement, retrouver des horaires de repas, ajouter un fruit ou un légume et prévoir des repas suffisamment nourrissants constitue déjà un très bon début.
Cette rentrée, faisons donc la paix avec l’idée de perfection : bien manger, c’est aussi prendre soin de soi, sans culpabilité et à son propre rythme.
